Artiste plasticien

Les Ateliers du Crozat

Ma démarche.

Il me sem­ble que pro­dui­re un objet artis­ti­que (même réus­si) n’est plus suf­fi­sant. A une épo­que où il y a plé­tho­re d’oeuvres de tou­tes sor­tes, repro­duc­ti­bles à l’infini, l’objet artis­ti­que à lui seul peut-il être une fina­li­té ? Le public grand ou petit sera-t-il sen­si­ble à tou­tes ces for­mes cultu­rel­les dont on l’inonde ?
C’est pour­quoi j’ai choi­si d’inscrire mon tra­vail plas­ti­que dans une démar­che socia­le de sen­si­bi­li­sa­tion auprès de ceux qui sont éloi­gnés (géo­gra­phi­que­ment, socia­le­ment) du mon­de de l’art. Depuis 20 ans, tra­vailleur de l’Art, quo­ti­dien­ne­ment sur le ter­rain, enra­ci­né dans un milieu rural, j’entends fai­re de ma créa­tion artis­ti­que un acte poli­ti­que. Et quand au bout du che­min, nour­rie de tous ces échan­ges, advient la for­me maté­riel­le de cet enga­ge­ment artis­ti­que, alors seule­ment l’objet Art prend son sens.

Comment continuer à peindre au XXIème siècle ?

Commencé dans les années 90, long­temps mon tra­vail a déve­lop­pé les for­mes contem­po­rai­nes de l’art. Notamment des ins­tal­la­tions in situ ; ces réflexions sur l’espace ne sont pas vécues com­me une rup­tu­re mais plu­tôt une conti­nui­té (une exten­sion) de la tra­di­tion pic­tu­ra­le. Pourtant cet­te posi­tion dur­cit le pro­pos de façon concep­tuel­le, ce qui n’est plus d’actualité dans mon tra­vail. Les mises en espa­ce d’objets peints (tableaux) ont natu­rel­le­ment débou­ché sur des pein­tu­res dans le cadre du tableau : pein­tu­res sur châs­sis uti­li­sées com­me un medium com­me un autre.

Vanités et paysages.

Depuis quel­ques années mon tra­vail se pro­po­se de réin­ter­pré­ter les thè­mes anciens, tels les mythes ou enco­re le pay­sa­ge.

Le pay­sa­ge, com­me mar­queur de tem­po­ra­li­té où s’inscrit en creux l’histoire et le tra­vail des hom­mes, revêt aujourd’hui de nou­veaux enjeux après l’anthropocène et l’érosion de la pay­san­ne­rie. Loin d’une lec­tu­re nos­tal­gi­que, il s’agit de dres­ser un constat (tota­le­ment sub­jec­tif) entre natu­re sau­va­ge, agri­cul­tu­re sécu­lai­re et jar­dins arti­fi­ciels.
Acter les per­ma­nen­ces, les bou­le­ver­se­ments et pro­je­ter ou anti­ci­per d’irréels deve­nirs : pein­dre c’est lais­ser trans­pa­raî­tre et super­po­ser ces tem­po­ra­li­tés ain­si que les cou­ches sur la toi­le.